Ces dernières années, nous avons assisté à la création de mécanismes nationaux spécifiques pour la protection des défenseurs par certains gouvernements. Dans tous les cas, il s’agit de pays connaissant de graves situations de défaut de protection des défenseurs des droits humains, et ces mécanismes (lois, politiques, bureaux) ont été créées sous la pression (et avec la collaboration) d’organisations nationales et internationales de défenseurs des droits humains, et toujours avec un appui légal fondamental : la Déclaration de l’ONU sur les Défenseurs.

Cette évolution nous a conduits, chez Protection International, à étudier ces initiatives nationales : que sont-elles ?En quoi consistent-elles ? Comment ont-elles été créées ? Quel impact ont-elles sur la protection des défenseurs ? Il nous semble important de mieux comprendre les initiatives qui existent dans le monde, et de pouvoir offrir une vue de ce que pensent les défenseurs : quelles sont les bonnes pratiques en cours, et quelles sont les leçons à tirer de ces pratiques.

Étant donné l’amplitude et la complexité des résultats de l’étude, nous avons décidé d’en publier les résultats en un volume, sous le titre général de « Protection des défenseurs des droits humains : bonnes pratiques et leçons tirées de l’expérience» :

Cette publication est divisée en deux parties.

  • La première partie, sous-titrée « Législations, politiques nationales et bureaux pour les défenseurs », analyse les aspects normatifs et structurels de ces initiatives de protection.
  • La seconde partie, « Les programmes de protection des défenseurs », analyse les aspects pratiques des programmes de protection : quelles mesures ils comprennent, sous quelle structure ils se présentent, et quels en sont les résultats. Dans cette seconde partie, nous centrerons sur les programmes de protection analysés : les programmes gouvernementaux du Brésil, du Guatemala et de Colombie.

Dès l’entame, nous aimerions aborder une importante discussion de fond, car elle apparaît de manière répétée au cours de nos entrevues réalisées dans de nombreux pays, ainsi que dans des documents d’organisations internationales.7 La question est de savoir s’il est nécessaire qu’un État crée des mécanismes (lois, politiques, bureaux) spécifiques pour la protection des défenseurs, ou s’il est plus adéquat de s’assurer que les institutions (système de justice, forces de sécurité) s’acquittent de leur obligation de garantir la protection due à ces groupes de personnes.