La Commission nationale des droits de l’homme du Kenya (CNDHK) joue un rôle actif dans la protection des défenseurs. Jusqu’à présent, la Commission a mené des programmes à petite échelle: enquêter sur des cas individuels et travailler en liaison avec les cibles de menaces, les autorités concernées et les parties prenantes locales en matière de protection des défenseurs (la Coalition nationale de défenseurs, la CNDHK, les ONG internationales).

La CNDHK s’est engagée dans un projet visant à proposer l’adoption d’une politique publique nationale sur la protection des défenseurs au Kenya. Il reste un travail considérable à faire, particulièrement au niveau du travail d’analyse des enseignements tirés en la matière dans d’autres pays, ainsi qu’au niveau du dialogue à engager avec les parties prenantes concernées par la question dans le pays (les organisations de la société civile, le parlement, le ministère de la Justice, la police, les forces de sécurité et la communauté internationale représentée au Kenya).

Initiative de la société civile pour la protection des journalistes au Kenya

Le 18 août 2014, le Kenya Media Working Group, qui rassemble des journalistes et des propriétaires de médias issus de tout le pays, a lancé un protocole pour la protection des journalistes et publié un guide de sécurité en anglais et en swahili[1]. Sans minimiser l’importance de l’obligation de l’État de protéger les droits et l’intégrité des journalistes, le protocole national comprend une Charte en 10 points pour les propriétaires et directeurs de médias les engageant à suivre une série de recommandations pour rendre l’environnement de travail des journalistes plus sécurisé qu’il ne l’est actuellement. Le protocole établit également le cadre du guide de sécurité : un manuel vivant dont le but est de donner aux journalistes et aux organes de presse des conseils et des outils utiles pour l’amélioration de leur protection et de leur sécurité dans leurs agissements quotidiens.

Guide de sécurité pour la protection des journalistes publié en anglais et en swahili

PI au Kenya

PI Kenya a engagé un dialogue avec la CNDHK au sujet des réflexions menées actuellement et dont on espère qu’elles aboutiront à des propositions pour une politique publique nationale de protection des défenseurs. PI a partagé son expérience et les enseignements tirés dans des pays où des politiques publiques sont déjà d’application. C’est pour cette raison qu’un représentant de PI Kenya s’est rendu au Mexique début 2014. La Commission kenyane veut également impliquer activement la société civile locale dans le processus, et notamment le Protection Working Group, dont PI Kenya fait partie.

Enfin, en tant que membre du Media Working Group, PI Kenya a joué un rôle important dans les discussions qui ont mené à la publication du protocole pour la protection des journalistes et du guide de sécurité (voir encart ci-dessus).

 


[1] Kenya Media Working Group, « Demeurer en sécurité. Un guide de protection pour les journalistes au Kenya », août 2014.

 

*** Ces informations proviennent de notre publication – FOCUS 2014.