Guatemala

Dans son rapport annuel de 2013, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a critiqué certaines des décisions du gouvernement du Guatemala concernant la protection des défenseurs. En effet, ce document indique que « l’Instance d’analyse des attaques commises contre les défenseurs des droits de l’homme[1] a perdu de son importance. Les représentants des institutions participantes ont été remplacés par des techniciens, ce qui a contribué à la décision de certaines organisations de la société civile de se retirer de cette entité »[2].

En outre, les organisations de la société civile et les défenseurs du Guatemala n’ont cessé de dénoncer la stigmatisation des défenseurs et d’exprimer leurs inquiétudes concernant la courbe ascendante des niveaux de violences physiques et de menaces ciblant les défenseurs dans le pays au cours des cinq dernières années[3]. Une augmentation du nombre d’attaques physiques dirigées contre les journalistes, et plus particulièrement les assassinats successifs de quatre d’entre eux, ont mobilisé plusieurs associations de journalistes voulant sensibiliser le gouvernement et la communauté internationale à la question de la sécurité de leur profession[4]. En réponse, le gouvernement guatémaltèque s’est engagé fin novembre 2013 à créer un mécanisme de protection des journalistes[5]. La proposition du gouvernement envisage la création d’un organe spécial chargé de recevoir les plaintes et d’assurer qu’elles soient bien suivies par des enquêtes judiciaires, de manière à garantir la sécurité des journalistes[6]. Elle propose également une liste de mesures de protection préventives pour les journalistes. Ce dernier mécanisme faisait déjà partie des engagements pris par l’État du Guatemala dans le cadre de l’Examen Périodique Universel de 2012[7].

Au moment de la rédaction de ce rapport, le processus de mise en œuvre reste lent, après la création en février 2014 du Comité de haut niveau et du Comité technique du système de protection, et après la nomination de sa coordinatrice à la moitié de cette même année. L’objectif des comités est de préparer un projet de mécanisme de protection des journalistes au Guatemala.

Les comités sont formés par des représentants du Secrétariat de la Présidence à la Communication sociale, du ministère de l’Intérieur, du ministère public, du Procureur aux droits de l’homme et de Commission présidentielle des droits de l’homme du Guatemala (COPREDEH). Leur objectif est de préparer un projet de mécanisme de protection pour les journalistes au Guatemala. Les comités bénéficient de l’assistance technique du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) et de l’UNESCO[8].

PI au Guatemala

Le 30 septembre 2014, le HCDH au Guatemala a invité PI à participer à un séminaire international sur les mécanismes de protection des journalistes. La session a rassemblé plus de 80 responsables gouvernementaux et représentants de journalistes locaux et de défenseurs. PI a contribué activement aux discussions en faisant part de son expérience dans le domaine des politiques publiques de protection des défenseurs et des journalistes dans d’autres pays, et a émis des recommandations sur la question aux autorités guatémaltèques et aux représentants des organisations de la société civile impliquées dans le processus.



[1] Pour une explication des fonctions de l’Instance d’analyse, voir le rapport Focus 2013, op. cit. p. 9.

[2] Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, « Rapport de la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme sur les activités de son bureau au Guatemala », A/HRC/25/19/Add.1),

[3] Human Rights Brief, « La situation des défenseurs des droits de l’homme au Guatemala », 1er novembre 2013.

[4] Reporters Sans Frontières, « La série noire continue : quatrième assassinat dans le sud du pays », 20 août 2013 l ; leana Alamilla, « Rapport du HCDH », Prensa Libre, 2 avril 2014 ; UNESCO, « Ça ne peut pas continuer comme ça. L’application du Plan d’action sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité », 7 novembre 2013.

[5] Gouvernement du Guatemala, département de Communication sociale de la Présidence, « Le Guatemala se joint à l’application du plan de protection des journalistes », 28 novembre 2013,

[6] Gouvernement du Guatemala, Secrétariat de la Présidence à la Communication sociale, « Proposition de programme de protection des journalistes », 28 novembre 2013.

[7] Conseil des droits de l’homme, « Rapport du Groupe de travail sur l’Examen périodique universel – Guatemala », A/HRC/22/8.

[8] Les Nations Unies ont proposé d’apporter leur soutien à cette initiative par le biais de l’UNESCO, étant donné le rôle de cette institution comme agence de l’ONU chargée de la mise en place du plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité. « Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité », CI-12/CONF.202/6.  ; UNESCO, « Le Guatemala prévoit de mettre en place un dispositif de protection des journalistes », 29 novembre 2013.

 

***Ces informations proviennent de notre publication FOCUS 2014.